Je suis née en pleine crise d'octobre. De mère caféinomane et de père absent, je me suis consacrée à ma famille, ma maison dans Rosemont et mon conjoint que je voyais dans ma soupe chaque matin (et ce, même si Monsieur ronflait, faisait du bruit en mangeant, s'écoutait beaucoup parler et n'avait plus un cheveu sur la tête). Dur à croire? Ah, les femmes, ce qu'on peut être "noune" des fois...
Mais en juin dernier, lorsque je me suis réveillée toute seule, le constat a été terrible, comme une masse sur la tête : 40 ans, larguée par son conjoint, beaucoup de cellulite sur les fesses, des rides en trop, et puis des cartes de crédit pleines... De quoi faire une dépression, non?
Eh bien, tout n'était pas joué! De nature optimiste, je ne me suis pas laissée décourager. Enfin... pas complètement!
Comment guérir d'une peine d'amour le plus rapidement possible?
Quand on vient de se faire larguer comme une moins que rien par l’homme qu’on a aimé pendant quinze ans, et dont on ne s’attend pas à ce qu’il nous fasse vivre un tel tsunami, il n’y a franchement pas grand-chose qui puisse nous réconforter mis à part une telle promesse : comment guérir le plus rapidement possible de notre peine d’amour.
Durant ma rupture, une période que je qualifierais d’aussi catastrophique qu’un monstrueux carambolage sur le Pont Jacques-Quartier, je n’ai jamais fait autant de recherche sur Internet. J’ai frénétiquement tapé sur les moteurs de recherche de mon ordinateur les mots-clés « peine d’amour », « il m’a laissé », « il m’a trompée », « je veux le tuer », « comment récupérer son homme », « étapes d’une rupture amoureuse », et ma préférée : « combien de temps dure une peine d’amour? ».
Les forums de psychologie et les sites pour femmes « actuelles » ne m’étaient plus inconnus. J’ai d’ailleurs pu constater à quel point les articles de psy étaient plus souvent qu’autrement « copiés-collés » d’un site à l’autre et combien leur teneur s’avérait généralement bien maigre… De quoi se tirer une balle dans la tête dans les pires moments de désespoir ou, autre solution moins radicale, se faire prescrire des antidépresseurs par son médecin.
Il faut dire que lorsque Sylvain m’a annoncé qu’il ne m’aimait plus (raison pour laquelle il a justifié son adultère avec une autre femme mariée qui en avait, elle aussi, marre de la routine familiale), je n’ai pas capté tout de suite. Je me suis dit : tu as mal compris. Je me suis dit : c’est pas vrai. Et puis, à force de me faire répéter agressivement « C’EST FINI TOI ET MOI! », j’ai compris.
Ou plutôt non. Je n’ai pas compris, j’ai plutôt eu un choc nerveux. Sur le coup, je me suis mise à bégayer, à vomir, à pleurer comme une enfant, à ne plus manger du tout, à avoir mal partout, à ne plus pouvoir rien faire. Je n’ai pas très envie de me rappeler ce triste moment de mon existence. Je vais donc à l’essentiel.
Après deux semaines de souffrance et 15 livres en moins pour le coup, je n’avais plus qu’une idée en tête : me remettre de cette rupture sinon j'allais mourir! Quand est-ce que je redeviendrai la femme enjouée, positive et enthousiaste que j’avais été quelques mois plutôt? Combien de temps cela prendrait-il?
Je me sentais au bord du précipice. Je n’étais plus certaine de pouvoir guérir, de pouvoir un jour goûter avec légèreté au bonheur, de pouvoir à nouveau regarder le ciel en souriant, d’apprécier simplement le moment présent et de pouvoir me sentir bien dans ma peau. Est-ce que j’ai précisé que je me trouvais aussi belle et séduisante à cette époque que Godzilla en maillot de bain?
J’avais l’impression que le bonheur m’était à jamais confisqué. Que le bon sens, la raison et l’équilibre avaient disparu de mon existence.
J’ai donc pris une décision radicale : je me suis acheté un billet d’avion et j'ai décidé de partir quinze jours en Inde avec l’idée qu’en revenant, je serai guérie! Pensée magique, peut-être. Mais il fallait que je pose un geste concret. Et dites-vous bien que pour moi, partir quinze jours dans un des pays les moins hygiéniques de la planète, c’est un exploit! Je suis loin d’être la Anna Blunt d’Orient.
D’abord, je n’ai jamais voyagé ailleurs qu’en Italie ou en France, j’ai visité un peu la côte Est américaine et je connais Cuba comme tout bon Québécois qui a les blues l’hiver. Mais l’Inde? C’est aussi fou que de partir sur la lune. Alors justement, pourquoi pas?
Ce blog, c'est mon histoire, au jour le jour (enfin presque...) que j'ai choisi de partager avec vous. Parce que durant les mois qui ont suivi ma séparation, je me suis sentie seule, démunie et terriblement malheureuse. Pourquoi ne pas partager avec d'autres ce que j'ai vécu? Pourquoi ne pas redonner espoir à toutes celles qui ont été trahies, trompées, laissées? Pourquoi ne pas se redonner des forces, soi-même, et par soi-même?
Et puis, le temps de ce blog, les hommes peuvent bien attendre un peu...